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MASERATI GRANTURISMO MC STRADALE
LE PIQUANT DE LA COURSE SUR LA ROUTE

par | Fév 13, 2017 | Essais

POUR NOTRE PLAISIR SUR LA ROUTE, LE TRIDENT A CIVILISÉ UNE BÊTE DE COURSE : LA MASERATI GRANTURISMO MC STRADALE POUSSE LOIN SES PERFORMANCES ET NOTRE SÉCURITÉ.

Sur les voitures de sport italiennes, tout commence par un moteur. De fait, on entend souvent la Maserati GranTurismo avant de la voir. La faute à son magnifique V8 de 4691 cm3 implanté en position avant et, pour cette raison, aux longs échappements qui éclaircissent sa voix rauque à chaque coup d’accélérateur. Une signature auditive dont sont privées les sportives à moteurs arrière équipées, elles, de tuyaux beaucoup plus courts. La différence entre l’harmonium et les grandes orgues !

Quand le regard rejoint ce que l’oreille lui a désigné, impossible de confondre la MC Stradale avec une autre GranTurismo. Le coupé le plus sportif de la gamme Maserati se différencie au premier coup d’œil, quel que soit l’angle sous lequel il est observé.

Si la MC viens sur vous de face, ses origines sportives vous sauteront aux yeux : bouclier avant doté d’une large lame centrale, généreuse prise d’air en bas du capot aux arrêtes prononcées, ouies d’évacuation en parti haute, elle respire la puissance. Maintenant qu’elle est proche, admirez l’immense capot de carbone brut verni et, tandis qu’elle passe devant vous, notez en vitesse les rétroviseurs drapés dans le même matériaux et le large évent vertical taillé à l’arrière du passage de roue avant. Il évacue l’air du refroidissement des freins en carbone-céramique aux disques surdimensionnés.

Maintenant qu’elle est passée et que vous pouvez l’observer encore quelques secondes avant qu’elle ne s’évanouisse au loin, regardez l’élégant béquet, lui aussi en carbone, posé sur l’arrête du coffre. Cinquante centimètres plus bas, deux sorties d’échappement centrales trouent son large extracteur. Sa structure, en partie masquée par une grille, permet d’évacuer l’air qui circule entre la route et le dessous du châssis plus vite qu’il n’y est entré, après avoir ainsi créé une légère dépression qui contribue à « coller » la voiture au sol. Un principe bien connu des aérodynamiciens et depuis longtemps mis en pratique par les ingénieurs en sport automobile.

Si par chance cette MC Stradale revient et que s’ouvre la portière du conducteur vous invitant à prendre le volant pour quelques tours de piste, vous allez comprendre que son appellation MC (pour « Maserati Corse »), n’est pas qu’un blason.

En premier lieu, glissez-vous dans cet intérieur qui respire lui aussi la compétition (de luxe !). Le carbone est partout. Il enveloppe les sièges baquet, décore la planche de bord et les portes, et ce qui n’en est pas est couvert d’alcantara ! Vous êtes installé ? Satisfait de votre position de conduite, volant –lui aussi en carbone- bien en mains ?

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Vos index se placent naturellement sur les palettes de changement de vitesses et, d’un clic du côté droit, vous avez enclenché la première. D’une pression du pied droit sur l’élégant pédalier en aluminium nervuré, vous lancez la bête d’un filet de gaz. Ce qui vous surprend immédiatement, c’est la sensation de légèreté, de facilité, qui se dégage de la voiture. Les rapports s’enchaînent à la volée, sans à-coups. Si vous activez l’option « race » (course) sur le sélecteur de gestion de la boîte de vitesse, 60 millisecondes seulement vont séparer le rapport inférieur du rapport supérieur. Les baisses de régimes lors de la manœuvre de désaccouplement-réaccouplement de l’embrayage sont à peine perceptibles. Les montées en régimes sont rapides et linéaires. Pas de brutalité, pas de baisse de couple, aucune phase plateau ou de faiblesse de reprise. En mode « auto » (automatique), avant que le rupteur ne se déclenche aux portes du surrégime, la boîte pilotée enclenche le rapport supérieur en toute sécurité pour la mécanique.

L’accélération continue, aussi constante que la montée en régime. Avec un 0-100 km/h couvert en 4,5 secondes, pas question pour votre passager d’imaginer décoller son dos du siège-baquet. Il y sera très bien maintenu latéralement dans la courbe rapide que vous attaquez. Bien campée sur ses roues de 20 pouces à profil bas, la MC vire à plat. Comme toutes les voitures du monde, elle sera sous-vireuse si vous oubliez que tous les systèmes électroniques de la Terre ne corrigeront pas une mauvaise trajectoire, prise trop brutalement et à une vitesse trop élevée. Poussée à la limite, elle est agréablement survireuse, mais jamais piégeuse.

Plus basse de 10 mm que sa sœur un peu plus sage la GranTurismo Sport, équipée de suspensions plus fermes, la MC est dotée d’une parfaite stabilité dynamique de l’entrée à la sortie de la courbe –la clef de la performance en compétition. La réaccélération suffit à corriger l’éventuelle dérive due à la vitesse ou au revêtement inégal. Si vous êtes en mode « manuel » (montée et descente manuelles des rapports avec les palettes), à l’abord d’un virage serré vous allez retrouver le plaisir de descendre les rapports « à la volée », du bout du doigt. Le « plip » électronique active pour vous le petit coup de gaz que vous aimez donner lorsque vous faites le « talon-pointe ». Cela vous permet de vous concentrer sur la trajectoire et le freinage qui précède. Un freinage comme vous n’en avez rarement expérimenté sur une grand tourisme de série : les disques en carbone-céramique (diamètres de 380 mm à l’avant et de 360 mm à l’arrière) assurent une puissance de décélération supérieure à n’importe quelle voiture de la même catégorie équipée de freins aciers (100 km/h à 0 en 33 m).

En sortie de courbe, aucun mouvement parasite de la caisse, parfaite rigidité, grâce au châssis monocoque en acier renforcé d’aluminium. La reprise de cap se fait avec précision, dans le confort et en toute sécurité.

Avec la Maserati GranTurismo MC Stradale, vous allez peu à peu vous surprendre à préférer les nationales tortueuses aux autoroutes ! Et, lorsqu’un circuit va croiser votre itinéraire, ne résistez pas à la tentation : née de la compétition, elle révèlera vos qualités de pilotes !